L’impact de l’escalade du conflit au Moyen-Orient sur le marché du transport maritime et conseils clés pour les importateurs
La semaine écoulée a été marquée par une volatilité sans précédent sur les routes commerciales mondiales. L'escalade du conflit militaire entre les forces américano-israéliennes et l'Iran depuis le 28 février a profondément bouleversé le contexte opérationnel au Moyen-Orient. Face à cette situation en constante évolution, Senghor Logistics dresse un bilan de l'impact actuel sur le transport maritime et formule des recommandations pour sécuriser votre chaîne d'approvisionnement.
Impact actuel des tensions au Moyen-Orient sur les marchés du transport maritime
1. Risque du détroit d'Ormuz
Le détroit d'Ormuz est de facto bloqué suite aux avertissements de l'armée iranienne, ce qui a entraîné une chute brutale du trafic maritime de plus de 70 %. Les principales compagnies maritimes, telles que MSC, Maersk et CMA CGM, ont totalement suspendu le passage du détroit et les nouvelles réservations dans le golfe Persique.
2. Les compagnies maritimes contournent le cap de Bonne-Espérance.
Maersk, MSC et CMA CGM exigent que les navires se dirigeant vers le golfe Persique trouvent des mouillages sûrs. Par ailleurs, les rebelles houthis ont repris leurs opérations militaires. La route du canal de Suez est suspendue et toutes les routes maritimes contournent le cap de Bonne-Espérance. Les traversées vers et depuis l'Europe/la Méditerranée et l'est des États-Unis devraient être prolongées de 10 à 14 jours.
3. Explosion des tarifs de fret et flambée des frais supplémentaires
Les tensions géopolitiques ont entraîné une forte hausse des tarifs de fret, notamment pour les itinéraires liés àMoyen-OrientetEurope.
Hapag-Lloyd a annoncé l'instauration d'une surtaxe pour risque de guerre (WRS) sur les marchandises à destination et en provenance de la région du Golfe, du golfe Persique et du golfe Arabique ; CMA CGM a annoncé l'instauration d'une surtaxe d'urgence en cas de conflit (ECS) en raison de l'évolution de la situation en Iran et dans la péninsule arabique ; Maersk a annoncé l'instauration d'une surtaxe d'urgence en cas de conflit (ECS) sur plusieurs itinéraires ; MSC a annoncé de nouveaux tarifs de fret au départ des ports d'Extrême-Orient vers l'Europe du Nord, la Méditerranée, l'Afrique du Nord et les ports de la mer Noire.
Face à la hausse des risques liés au transport maritime au Moyen-Orient, le marché de l'assurance maritime connaît actuellement des transformations importantes. Plusieurs compagnies d'assurance maritime ont annoncé…annulation de l'assurance contre les risques de guerrecouverture des eaux iraniennes et de certaines parties de la région du Golfe.
Les expéditions sont-elles toujours possibles ?
ConcernantportsDes plateformes logistiques clés comme le port de Jebel Ali aux Émirats arabes unis et tous les ports de Bahreïn sont temporairement fermées, tandis que le port de Djeddah en Arabie saoudite et le port de Sohar à Oman maintiennent des opérations limitées, devenant ainsi essentiels pour le transbordement régional et la gestion des risques.
Routes maritimes directes dans leGolfe PersiqueLes destinations suivantes ne sont pas recommandées à court terme : Émirats arabes unis, Iran, Koweït, etc. Les compagnies maritimes suspendent généralement les nouvelles commandes et les navires déjà à quai doivent rester dans des zones sécurisées. Même si le service reprend ultérieurement, des surtaxes liées à la guerre et des retards imprévisibles seront à prévoir. Ces marchandises peuvent être réacheminées vers d’autres destinations.« Extrême-Orient - Port de Sohar / Port de Djeddah » pour le transbordementpuis entrer dans le golfe Persique par voie terrestre ou maritime intérieure, ce qui prolongera le temps de transit de 5 à 8 jours, mais permettra d'éviter les risques liés au passage du détroit.
L'Extrême-Orient -Europe / Côte Est des États-UnisL'itinéraire est tout à fait réalisable, la principale modification consistant en un détour par le cap de Bonne-Espérance. Bien que le voyage prenne 10 à 15 jours de plus que par le canal de Suez (de 30 à 40 jours en Extrême-Orient vers l'Europe du Nord-Ouest, ce délai passe à 45 à 55 jours), les principales compagnies maritimes ont déjà mis en œuvre des plans de déviation fixes, garantissant ainsi la disponibilité des navires. Il convient de noter que ce détournement entraînera…augmentation des coûts du carburant et de la main-d'œuvre ; les tarifs de fret sur la route européenne ont déjà augmentéIl est donc recommandé de réserver votre espace 1 à 2 semaines à l'avance.
Il est possible de modifier les modes de transport avec souplesse. Les clients européens ayant des envois urgents de grande valeur peuvent opter pour le transport international.fret aérien(en évitant l'espace aérien du Moyen-Orient), tandis que les envois volumineux et de faible valeur peuvent opter pour une combinaison de «fret maritime + Chine-EuropeChemin de ferExprimer"pour équilibrer les coûts et les délais."
Conseils aux importateurs
(1) Surveillez la situation de près
- Surveillez de près les actualités et les annonces officielles du gouvernement, des compagnies maritimes et des compagnies d'assurance.
- Communiquez avec les transitaires pour rester informé des dernières informations concernant les changements d'itinéraires, les conditions portuaires et les impacts sur les coûts.
(2) Supposons que le statu quo soit suspendu indéfiniment au Moyen-Orient
Ne vous attendez pas à une réouverture rapide du détroit d'Ormuz. Même en cas de cessez-le-feu, la méfiance et les contrôles de sécurité mettront des semaines à se normaliser. Si votre cargaison est destinée à l'Irak, au Koweït, aux Émirats arabes unis, au Qatar, à Bahreïn ou à Oman, prévoyez des retards considérables. Nous constatons déjà des cas où les transporteurs déchargent les marchandises dans des ports alternatifs comme Sohar (Oman) ou les réacheminent même vers l'Arabie saoudite pour un éventuel transport routier, si celui-ci est envisageable.
(3) Communiquer efficacement avec toutes les parties prenantes
Maintenez une communication étroite avec vos fournisseurs, vos transitaires et vos clients. Informez vos fournisseurs des dernières restrictions d'expédition et permettez-leur d'adapter leurs plans de chargement et de livraison. Collaborez avec votre transitaire pour suivre les mouvements de marchandises en temps réel et résoudre rapidement tout problème, comme un détournement de navire ou une congestion portuaire. Informez proactivement vos clients des retards et des augmentations de coûts potentiels, et négociez des ajustements des délais de livraison.
Le conflit irano-israélien a engendré des défis sans précédent pour le marché mondial du transport maritime : perturbations des itinéraires, hausse des coûts et augmentation des risques sont devenues la norme à court terme. Pour les importateurs, la clé pour faire face à cette crise réside dans la proactivité, la flexibilité et une préparation rigoureuse. En suivant de près l’évolution du marché, en optimisant leurs plans d’expédition, en renforçant la gestion des risques et en collaborant avec des partenaires professionnels, les importateurs peuvent atténuer efficacement l’impact du conflit, garantir la stabilité de la chaîne d’approvisionnement et minimiser les pertes potentielles.
Date de publication : 6 mars 2026


